Mali

Les questions du Journaldu Hebdo:

 

 

1-       Que pensez-vous de l'acte de l'association "Mali" ?

Je pense que l’initiative de mali est légitime et pertinente. Je sais qu’elle ne donnera pas de résultats immédiats, mais sa valeur c’est de poser le débat. Je ne pense pas qu’au débat entre lecteur de journaux ou acteurs politiques mais aussi au sein de la population. En dehors des cas d’incitation à l’intolérance qu’ils peuvent susciter, je crois que les tenants du respect de la société seront supris de voir que même les pratiquants vont dans le sens de la démocratie, celle du développement pour et par les citoyens pas celle du maintien d’un ordre politique basé sur le carcan des interdits.

 

2-       Votre avis sur l'article 222 qui incrimine la rupture du jeûne en public ?

Je pense que cet article doit être abrogé. Ce n’est pas parce que les gens rompent le ramadan publiquement que les convictions des croyants seraient ébranlés. Et disons même que si tel était le cas cela voudrait tout simplement dire que ces gens ne sont croyants que par peur de cet article 222.

 

 

3-       Comment évaluez-vous la réaction de l'Etat à travers ses structures religieuses

et politiques ?

La réaction de l’Etat et ces appendices démontrent tout simplement, qu’aucune page de notre histoire n’est tournée. L’éternelle histoire de l’intervention étrangère. Nous faire croire que nous sommes une nation assiégée.

Tous les acquis d’aujourd’hui ont été à un moment donné qualifiés de valeurs antinationales, anti-islamiques. Ca a commencé avec Hassan II et ça continue avec Mohamed VI. Comment voulez-vous croire à un changement de l’intérieur du régime ?

Abdellah Zaâzaâ

 

L'article

Casablanca, mercredi 16 septembre 2009

A propos de la rupture publique du jeûne en dehors des heures rituelles, je voudrai d’abord dire, pour ne pas avoir l’air de quelqu’un de neutre - qui n’est pas concerné autrement que par souci intellectuel ou par curiosité – que personnellement je ne jeûne pas durant le mois du ramadan et cela depuis prés de quarante années (sauf durant quelques périodes de commissariat : Derb Moulay Chérif en 1975) et ceci par conviction personnelle, une conviction que je n’ai pas à justifier ici ou ailleurs car il s’agit de ma liberté personnelle.

Je ne fais pas cela en cachette. Mes parents sont très pieux mais pas obtus loin delà, à tel point que ma pratique ne fait même pas l’objet d’échange. Tout naturellement, j’élargi la connaissance de ma pratique à travers des cercles concentiques de plus en plus large. Je ne mange pas en public mais mes voisins et amis savent ce qu’il en est.

Je pourrai dire que j’essai d’élargir mon champs de liberté, sans me donner le droit d’appeler d’autres à m’imiter dans la rupture du jeune. Chacun ses croyances.

Il ne m’est pas venu à l’esprit que l’heure de revendiquer la rupture publique du jeûne (et d’agir en conséquence) était arrivée et devrait être dépénalisé. Je n’y est pas pensé parce qu’en fait ce n’est (n’était ?) pas une priorité parmi les miennes, pour moi qui fonctionne par rapport à des priorités qui me semblent plus accessibles.

J’avais peut être tort. En tout cas Il faut dater cette initiative du Groupe « Mali » et ne pas la laisser tomber. L’article 222 du aboli code pénale doit être aboli. Ce n’est pas une revendication de seulement ceux qui ne « ramdanent »pas, mais de beaucoup de gens pieuses qui font le ramadan mais qui en ont marre  que la politique de l’Etat soit basée sur des interdits de ce genre.

Ah on parle du droit de la majorité. Durant cinquante années environ, ancienne et nouvelle ère  confondue,  les tenant de la « majorité » ne tiennent lepouvoir que par les interventions de l’armée et des forces de sécurité, comment voulez vous que sous un régime despotique les gens expriment ouvertement ce qu’ils pensent quand toute revendication est qualifiée d’être suscitée  par des forces étrangères. Si Aujourd’hui il y a des acquis, et il y en a, il a bien fallu qu’au départ des minorités (en apparence) ont lancé des revendications et les ont assumés non seulement en parole, amis aussi en les mettant autant que possible en pratique. Et chaque acquis alors qu’i l n’était qu’une revendication a toujours était désigné (qualifié) de valeur importée par les ennemis de la nation.

Le droit de jeuner ou pas, publiquement ou non, d’être homosexuel ou non, d’avoir des points de vue différents sur le Sahara ne sont pas des droits à marchander mais des droits disons naturels. Quand à qualifier les événements de Séfrou et Ifni d’être commandités de l’extérieur, les tenants du pouvoir doivent savoir que s’ils ne peuvent réaliser une redistribution équitable des richesses ils ont intérêt a changer de langage ou de  débarrasser le plancher gentiment avant qu’ils n’y soient  forcés.

Avec ces discours et ces pratiques, la page du passé est loin d’être tourné mon vieux .

Abdellah Zaâzaâ

 

 

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